Enfer (nom masculin, subst. masculin)


Définition de l'Académie française (éd. 1986)

Nom masculin 

(r
X e siècle, enfern. Emprunté du latin ecclésiastique infernum, neutre substantivé de infernus, « d'en bas, des s », dérivé de infer, « qui est au-dessous ».
1. Au pluriel, parfois avec la majuscule. Selon les Anciens, partie souterraine du monde où séjournent les morts. Les dieux des s. Selon les Grecs, Hadès régnait aux s. Les champs Élysées étaient la partie des s réservée aux justes. On appelait Tartare le séjour des méchants aux s. Aller, descendre aux s. Orphée tenta de ramener Eurydice des s.
2. . Au pluriel. Lieu où erraient les âmes des morts qui attendaient la venue du Christ pour être délivrées ou sauvées. Jésus-Christ est descendu aux s. (On dit aussi Limbes. ) Au sing. Lieu destiné aux damnés. Aller en . Les feux, les tourments, les supplices de l'enfer. Brûler en . Redouter l'enfer. Par méton. Le diable, les puissances de l'enfer. Passer un pacte avec l'enfer. Expr. Une vision d'enfer. Un feu, une chaleur d'enfer. Un bruit d'enfer, excessif. Aller un train d'enfer. Jouer un jeu d'enfer, jouer très gros jeu. Enfer et damnation ! imprécation marquant l'étonnement, la colère, l'impuissance (vieilli). Fam. Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en , formule de serment employée par les enfants. Prov. L' est pavé de bonnes intentions, les bonnes intentions aboutissent parfois aux pires résultats. Titre célèbre : Une saison en , d'Arthur Rimbaud (1873).
3. Lieu, état, condition qui expose à d'extrêmes tourments physiques ou moraux. Cette ville est un ! L' de la faim, de la soif. Sa vie familiale est un . L' du bagne. Expr. Souffrir l'enfer, éprouver les pires souffrances. Porter son avec soi, avoir l' dans le cœur, dans l'âme, être tourmenté par le remords, le ressentiment, la haine.
4. Spécialt. La partie fermée d'une bibliothèque privée ou publique contenant les ouvrages dont la lecture est jugée dangereuse. Les œuvres du marquis de Sade sont longtemps restées dans l' des bibliothèques. L' de la Bibliothèque nationale.
5. Vieilli. Maison de jeu, tripot. Spécialt. Aller en , dans certains jeux, être momentanément écarté de la partie.


Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)

Nom masculin 

(On prononce l'R.) Lieu destiné au supplice des damnés. Il est opposé à Ciel et à Paradis. "Les tourments de l'enfer. Le feu de l'enfer. La crainte de l'enfer." JÉSUS-CHRIST "a promis que les portes de l'enfer" (c'est-à-dire les puissances de l'enfer) "ne prévaudront point contre son Église."
Fig. et fam., "C'est un , un véritable ," se dit d'un Lieu où l'on souffre, où l'on est au supplice, où l'on est extrêmement gêné, tourmenté, où il y a beaucoup de confusion et de désordre. "C'est un pour moi que cette maison. Sauvez-moi de cet enfer."
Fig., "Porter son avec soi," Porter son supplice avec soi. "Les méchants portent leur avec eux."
Fig., "Avoir l' dans le coeur" se dit d'une Personne tourmentée de remords, ou agitée par la haine.
Il désigne aussi figurément les Démons, les puissances de l'enfer. "L' en gémit. L'enfer se déchaîne contre lui."
Fig. et fam., "Un feu d'enfer," Un feu très grand, très violent. "Il y a toujours un feu d' dans cette verrerie." En termes de Cuisine, "Faire griller quelque chose au feu d'enfer, le mettre au feu d'enfer," Le faire griller à un feu de charbons très ardent.
Fig. et fam., "Jouer un jeu d'enfer," Jouer très gros jeu. "Aller un train d'enfer," Aller fort vite.
Il se dit figurément d'une Partie réservée d'une bibliothèque où sont conservés les ouvrages dont la communication est jugée dangereuse.
ENFERS se dit au pluriel, dans un sens particulier, du Lieu où étaient les âmes que Notre-Seigneur délivra après sa mort. JÉSUS- CHRIST "est descendu aux s. La descente de Notre-Seigneur aux s."
ENFERS, au pluriel, se prend encore aujourd'hui pour les Lieux souterrains où les païens croyaient que les âmes allaient après la mort. "Les Enfers contenaient les Champs-Élysées et le Tartare. Orphée alla chercher Eurydice aux Enfers. Hercule, Énée descendit aux Enfers."



Dictionnaire d'Emile Littré

Subst. masculin 



 1   Terme des anciennes religions polythéistiques. Lieu souterrain qu'habitaient les âmes des morts. Les s comprenaient le Tartare pour les méchants, et les Champs-Élysées pour les justes.
CORN.: « Je saurai le braver jusque dans les s »
BOILEAU: « L' s'émeut au bruit de Neptune en furie ; Pluton sort de son trône, il pâlit, il s'écrie »
FÉN.: « Il précipite dans les s une foule de combattants »
RAC.: « Monstre que dans nos bras les s ont jeté »
J. B. ROUSS.: « Tu peux faire trembler la terre sous tes pas, Des s déchaînés allumer la colère »
DELILLE: « Devant le vestibule, aux portes des s, Habitent les soucis et les regrets amers, Et des remords rongeurs l'escorte vengeresse.... »
    Les trois juges des s, Minos, Éaque et Rhadamanthe.
    Les filles d'enfer, les furies.
RAC.: « Eh bien, filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ? Pour qui sont ces serpents.... »
    En ce sens, se dit le plus souvent au pluriel.

 2   Lieu destiné au supplice des damnés, dans la religion chrétienne ; on dit dans le même sens, au pluriel, les s. Le feu de l'enfer.
NICOLE: « La bouche de l' est toujours ouverte, et les grands et les petits, les forts et les faibles, les riches et les pauvres y entrent pêle-mêle à tous moments »
NICOLE: « L' est le centre des damnés comme les ténèbres sont le centre de ceux qui fuient le jour »
NICOLE: « Ne trouvant donc point de lieu qui lui soit plus propre et qui lui soit moins pénible que l'enfer, elle [l'âme pécheresse] s'y précipite comme dans son centre et dans le lieu seul qui lui est convenable »
MOL.: « Mais il est aux s des chaudières bouillantes Où l'on plonge à jamais les femmes mal vivantes »
PASC.: « Qui a le plus de sujet de craindre l'enfer, ou celui qui est dans l'ignorance s'il y a un , et dans la certitude de damnation, s'il y en a ; ou celui qui est dans une persuasion certaine qu'il y a un et dans l'espérance d'être sauvé, s'il est ? »
BOSSUET: « [Alexandre] tourmenté par son ambition durant sa vie, et tourmenté maintenant dans les s, où il porte la peine éternelle d'avoir voulu se faire adorer comme un dieu soit par orgueil, soit par politique »
BOILEAU: « Mais lorsqu'en sa malice un pécheur obstiné, Des horreurs de l' vainement étonné »
VOLT.: « Je reviendrai bientôt par un heureux baptême T'arracher aux s et te rendre à toi-même »
    L'Enfer, titre d'une des parties de la Divine comédie, poëme de Dante.
    Il se dit aussi d'un des s ou lieux du supplice décrits dans ce poëme.
STAËL: « On eût dit qu'on entrait dans l' de glace si bien décrit par le Dante »

 3   Fig. Chose excessivement déplaisante, pénible.
MOL.: « Hé ! monsieur, si vous le pouvez, sauvez-vous de cet -là [les procès] »
SAINT-SIMON: « Ils lui montrèrent [au duc du Maine] les s ouverts sous ses pieds par le mariage de Mlle de Bourbon [avec le duc de Berry] »
MIRABEAU: « Au moment où cet [la Bastille] créé par la tyrannie pour le tourment de ses victimes s'est ouvert sous les yeux de la capitale.... »

 4   Par extension, les démons, les puissances de l'enfer. C'est l' qui l'a créé. Les s ont jeté ce monstre parmi nous.
BÉRANG.: « Mes amis, J'ai soumis L' à ma puissance ; De son obéissance J'ai pour gage certain Un lutin »

 5   Un , lieu, réunion, vie commune où règnent la discorde, la confusion.
MOL.: « Et j'abhorre des noeuds Qui deviendraient sans doute un pour tous deux »
MERCIER: « On a raison d'appeler ces salles [les assemblées de jeu] un »
    Se dit, à Londres, des maisons de jeu et des lieux de débauche.

 6   Désordre, trouble.
BOILEAU: « Combien n'a-t-on point vu de belles aux doux yeux, avant le mariage anges si gracieux, Tout à coup se changeant en bourgeoises sauvages, Vrais démons, apporter l' dans leurs ménages »
BOILEAU: « Je pense qu'avec eux tout l' est chez moi »
J. J. ROUSS.: « Mettre le scandale et l' dans sa maison »

 7   Violente peine qu'inspire la passion ou le remords. Avoir l' dans le coeur. Porter son avec soi.
MALH.: « Et si l' est fable au centre de la terre, Il est vrai dans mon sein »
BOSSUET: « Ils commencent leur sur la terre »
J. J. ROUSS.: « Qu'est-il besoin d'aller chercher l' dans l'autre vie ? il est dès celle-ci dans le coeur des méchants »
BOISSY: « Le supplice d'attendre est l' des amants »
    Furie d'enfer, monstre échappé de l'enfer, personne très méchante.
    Tison d'enfer, porte d'enfer, c'est-à-dire personne capable d'opérer la perte des âmes.
PASC.: « Votre père Brisacier dit que ceux contre qui il écrit sont des portes d'enfer, des pontifes du diable.... s'amuserait-on à prouver qu'on n'est pas porte d' ? »

 8   D'enfer, loc. adject. Excessif. Faire un feu d'enfer. Mener un train d'enfer. Jouer un jeu d'enfer.
SAINT-SIMON: « M. de Vendôme commença à s'apercevoir que ce feu d' par lequel il avait compté de les écraser [les ennemis] ne leur nuirait guères »
PICARD: « On a joué un jeu d'enfer, cinq sous la fiche »
    Terme de cuisine. Mettre, faire griller quelque chose au feu d'enfer, le faire griller à un feu de charbon très ardent.
    C'est un métier d'enfer, c'est un métier extrêmement fatigant.

 9   Terme de typographie. Cassetin dans lequel on jette les mauvaises lettres. Vieux. On dit aujourd'hui cassetin du diable.

 10   Terme d'huilerie. Citerne où se réunissent les eaux qui ont été mêlées avec le marc d'olive.
     Dict. des arts et mét. Amst. 1767, huilier: Les résidus de ces cuviers s'écoulent dans un souterrain qu'on nomme l'enfer.... ce qu'on en tire est l'huile d'enfer, qui est la plus basse sorte

 11   Enfer de Boyle, matras de verre à fond plat et à col effilé, dans lequel Boyle et d'autres chauffaient le mercure pendant des mois et des années.

HISTORIQUE
    XIème siècle
     Ch. de Rol. CVI: L'enchanteür qui ja fut en
    XIIème siècle
     Ronc. p. 62: L'ame s'en va en osteler
     Th. le mart. 79: Tu ies pieres, e sur ceste piere ferai M'iglise, e ma meisun i edifierai, E les portes d' par li depecerai
    XIIIème siècle
     Berte, LXXII: Et li ame de li soit en ravie
     la Rose, 2606: Certes durement me merveil Comment hons, s'il n'iere de fer, Puet vivre un mois en tel
BEAUMANOIR: « Sacent donques tuit, que lor ames sunt données as ennemis d'enfer, et lor cors as vers, et lor avoirs à lor parens »
RUTEB.: « Leenz a une grant meson, Qui lors estoit, en la seson, Plaine de fermes et d'enfers [malades] ; Assez estoit griez [fâcheux] cis s »
    XVème siècle
AL. CHARTIER: « Dieu la confonde, Et au parfond de la terre la fonde : Car el porte son en ce monde »
     Hist. de Loys III, duc de Bourbon, p. 16, dans LACURNE: L'autre des places estoit Bauverne, où les Anglois avoient compassé une fosse nommée , et là ils jettoient les gens qui ne pouvoient ou vouloient rançonner
    XVIème siècle
MAROT: « Mais je ne m'en puis descoiffer ; Je pense que c'est un Dont jamais je ne sortiray »
RONS.: « Le lict m'est un , et pense que dedans On ait semé du verre ou des charbons mordants »
D'AUB.: « ....de l' il ne sort Que l'eternelle soif de l'impossible mort »

ÉTYMOLOGIE
    Bourg. enfar ; picard, infer ; provenç. infern, yfern, n, effern ; catal. infiern ; espagn. infierne ; ital. inferno ; du latin infernus, , proprement lieu bas (voy. INFÉRIEUR).


1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française

Subst. masculin 


(On prononce l'R.) Lieu destiné au supplice des damnés. Il est opposé à "Ciel" et à "Paradis. Les tourments de l'enfer. Le feu de l'enfer. La crainte de l'enfer. L' est le partage des réprouvés." JÉSUS-CHRIST "a promis que les portes de l' ne prévaudront point contre son Église. Les puissances de l'enfer." Le pluriel n'ajoute rien à ce sens: "Dans le fond des s," ne signifie autre chose qu'"Au fond de l'enfer."



2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française



signifie aussi figurément, Les démons, les puissances de l'enfer. "L' en gémit. L' se déchaîne contre lui."



1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)



(On prononce le R.) Lieu destiné pour le supplice des damnés. Les tourmens de l'enfer. La crainte de l'enfer. Menacer de l'enfer. L' est le partage des réprouvés. Jésus-Christ a promis que les portes de l' ne prévaudront point contre son Eglise. Les puissances de l'enfer. Furie d'enfer. Monstre que l' a vomi.
En ce mot le pluriel n'ajoute rien à la signification du singulier. Ainsi, "Au fond des s," ne veut dire autre chose qu'Au fond de l'enfer.
Il se dit aussi au pluriel, Du lieu où étoient les âmes que Notre-Seigneur délivrá après sa mort. Jésus-Christ est descendu aux s.
On dit figurément d'Un lieu où l'on se déplaît, où l'on est extrêmement gêné, tourmenté, où il y a beaucoup de confusion et de désordre, que "C'est un , un vrai . C'est un pour moi que cette maison".
On dit encore figurément, "Porter son avec soi," pour dire, Porter son supplice avec soi. "Les méchans portent leur avec eux".
On appelle figurement et proverbialement, "Tison d'enfer," Un méchant homme qui excite et qui porte au mal, ou qui cause de grands maux par ses discours, ou par son exemple.



2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Enfer, signifie aussi figurément, Les Démons, les Puissances de l'enfer. "L'enser en gémit. L' se déchaîne contre lui".



3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)



Enfer, en termes de Chimie, est Un vaisseau propre à calciner le mercure. On l'appelle aussi "Enfer de Boyle".



1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



Lieu destiné pour le supplice des damnés. "Les tourmens de l'enfer. La crainte de l'enfer. Menacer de l'enfer. L' est le partage des réprouvés. JESUS-CHRIST a promis que les portes de l' ne prévaudront point contre son Église. Les puissances de l'enfer. Furie d'enfer. Monstre que l' a vomi."
En ce mot le pluriel n'ajoute rien à la signification du singulier. Ainsi, "Au fond des s," ne veut dire autre chose qu'Au fond de l'enfer.
Il se dit aussi au pluriel Du lieu où étoient les ames que Notre-Seigneur délivra après sa mort. "JESUS-CHRIST est descendu aux s."
On dit figurément d'Un lieu où l'on se déplaît, où l'on est extrêmement incommodé, où il y a beaucoup de confusion & de désordre, que "C'est un , un vrai . C'est un pour moi que cette maison."
On dit encore figurément, "Porter son avec soi," pour dire, Porter son supplice avec soi. "Les méchans portent leur avec eux."
On appelle figurément & proverbialement, "Tison d'enfer," Un méchant homme qui excite & qui porte au mal, ou qui cause de grands maux par ses discours, ou par son exemple.



2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



signifie aussi figurément, Les Démons, les Puissances de l'enfer. "L' en gémit. L' se déchaîne contre lui."



3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)



en termes de Chimie, est un vaisseau propre à calciner le mercure. On l'appelle aussi "Enfer de Boyle."



Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)

Subst. masculin 

["Anfêr": 1re lon. 2e "ê" ouvert.] Nous nous servons du "singulier" pour désigner le lieu destiné pour le suplice des damnés, les peines de "l'enfer", la crainte de "l'enfer". Soufrir "en :"
- On dit pourtant quelquefois "au fond des s": mais cela ne dit rien de plus qu'"au fond de l'enfer".
- Au pluriel, il se prend pour le lieu où les Païens croyaient que les âmes allaient après leur mort: 'Mercûre conduisoit les âmes aux "enfers"; et pour celui où étaient les âmes que N. S. visita après sa mort. 'J. C. est descendu aux "enfers". = "Enfer" se dit figurément d'un lieu où l'on se déplait beaucoup, où l'on soufre extrêmement. 'Cette maison est pour moi "un ".
- "Porter son " (son suplice) "avec soi". 'Les méchans "portent avec eux leur ".
- Il signifie aussi, les Démons, les Puissances de l'enfer. 'L'"Enfer" en gémit. 'L'"Enfer" s'est déchainé contre moi.
   "Rem." Autrefois on ne mettait point d'article devant "enfer". 'Les flames "d'enfer". Masc.
   Et si les pales Euménides
   Toutes trois ne sortent d'"enfer".
       Malherbe.
Aujourd'hui on dit "de l'enfer" ou "des s".
- On dit seulement, furie "d'enfer", tison "d'enfer", dans le st. fam. et chagrin.




Emplacement dans le dictionnaire :

enfant
enfanté
enfantelet
enfantement
enfanter
enfantillage
enfantin
enfariné
enfariner

enfermer
enferrer
enfieller
enfiévrer
enfilade
enfilage
enfiler
enfileur
enfin
enflamme
enflammer




Quelques citations relatives :

Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)

...de suite attrapée, cela va sans dire, moi presque jamais ; aussi était-ce toujours elle qui poursuivait, et avec acharnement, en frappant des mains sur la table, en criant, en menant un tapage d'enfer. à la fin, les tapis étaient retournés, les chaises dérangées, tout au pillage. Nous trouvions cela stupide, nous les premiers, -et c'était du reste beaucoup plus enfant que mon âge. Je ne savais...


Citation n°2 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)

...Le bidet de campagne qui y était attelé avait une toison jaunâtre et boueuse, qui lui donnait l'air d'un animal sauvage. Mais il était résistant, sous cette apparence chétive, et menait un galop d'enfer. Le médecin pénétra dans la grande chambre du premier. C'était un homme d'aspect bourru et renfrogné, dont les longs silences terrorisaient les paysans, qui, selon leur habitude, ne le consultaient...


Citation n°3 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)

...voix confuses des roulements de tambour et des détonations d'artillerie... ensuite la cataracte tombe, tombe, tombe... ah ! Pourquoi, mon dieu, pourquoi me faut-il vivre déjà dans l'horreur de l'enfer ? Son fils et son neveu la calmaient à peine. Ces images grossières et naïvement abominables la hantaient presque toujours. Elle n'y échappait qu'à l'église, parmi les odeurs des cires, de l'encens,...


Citation n°4 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)

...avons détruit le paradis et l'enfer. Avons-nous bien fait, avons-nous mal fait, je ne sais. Ce qu'il y a de sûr, c'est que la chose est faite. On ne replante pas un paradis, on ne rallume pas un enfer. Il ne faut pas rester en chemin. Il faut faire descendre le paradis ici-bas pour tous. Or le paradis sera ici-bas quand tous auront part à la lumière, à la perfection, à la beauté, et par là au...


Citation n°5 de VILLIERS DE L'ISLE-ADAM (Contes cruels)

...parce qu'il ne peut remplir légalement cet office, ah ! Ceci, par exemple, me cause quelque impression. Et je n'hésite pas à le déclarer : s'il est, parmi l'humanité, des âmes échappées d'un enfer, notre convive de ce soir est une des pires que l'on puisse rencontrer. Vous aurez beau l'appeler fol, cela n'explique pas sa nature originelle. Un bourreau réel me serait indifférent ; notre...


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