Enfer (nom masculin, subst. masculin)
Définition de l'Académie française (éd. 1986)
| Nom masculin |
(r
X e siècle, enfern. Emprunté du latin ecclésiastique infernum, neutre substantivé de infernus, « d'en bas, des
1. Au pluriel, parfois avec la majuscule. Selon les Anciens, partie souterraine du monde où séjournent les morts. Les dieux des
2. . Au pluriel. Lieu où erraient les âmes des morts qui attendaient la venue du Christ pour être délivrées ou sauvées. Jésus-Christ est descendu aux
3. Lieu, état, condition qui expose à d'extrêmes tourments physiques ou moraux. Cette ville est un
4. Spécialt. La partie fermée d'une bibliothèque privée ou publique contenant les ouvrages dont la lecture est jugée dangereuse. Les œuvres du marquis de Sade sont longtemps restées dans l'
5. Vieilli. Maison de jeu, tripot. Spécialt. Aller en
Signification de l'Académie française (éd. 1932-35)
| Nom masculin |
(On prononce l'R.) Lieu destiné au supplice des damnés. Il est opposé à Ciel et à Paradis. "Les tourments de l'enfer. Le feu de l'enfer. La crainte de l'enfer." JÉSUS-CHRIST "a promis que les portes de l'enfer" (c'est-à-dire les puissances de l'enfer) "ne prévaudront point contre son Église."
Fig. et fam., "C'est un
Fig., "Porter son
Fig., "Avoir l'
Il désigne aussi figurément les Démons, les puissances de l'enfer. "L'
Fig. et fam., "Un feu d'enfer," Un feu très grand, très violent. "Il y a toujours un feu d'
Fig. et fam., "Jouer un jeu d'enfer," Jouer très gros jeu. "Aller un train d'enfer," Aller fort vite.
Il se dit figurément d'une Partie réservée d'une bibliothèque où sont conservés les ouvrages dont la communication est jugée dangereuse.
ENFERS se dit au pluriel, dans un sens particulier, du Lieu où étaient les âmes que Notre-Seigneur délivra après sa mort. JÉSUS- CHRIST "est descendu aux
ENFERS, au pluriel, se prend encore aujourd'hui pour les Lieux souterrains où les païens croyaient que les âmes allaient après la mort. "Les Enfers contenaient les Champs-Élysées et le Tartare. Orphée alla chercher Eurydice aux Enfers. Hercule, Énée descendit aux Enfers."
Dictionnaire d'Emile Littré
| Subst. masculin |
1 Terme des anciennes religions polythéistiques. Lieu souterrain qu'habitaient les âmes des morts. Les
CORN.: « Je saurai le braver jusque dans les
BOILEAU: « L'
FÉN.: « Il précipite dans les
RAC.: « Monstre que dans nos bras les
J. B. ROUSS.: « Tu peux faire trembler la terre sous tes pas, Des
DELILLE: « Devant le vestibule, aux portes des
Les trois juges des
Les filles d'enfer, les furies.
RAC.: « Eh bien, filles d'enfer, vos mains sont-elles prêtes ? Pour qui sont ces serpents.... »
En ce sens,
2 Lieu destiné au supplice des damnés, dans la religion chrétienne ; on dit dans le même sens, au pluriel, les
NICOLE: « La bouche de l'
NICOLE: « L'
NICOLE: « Ne trouvant donc point de lieu qui lui soit plus propre et qui lui soit moins pénible que l'enfer, elle [l'âme pécheresse] s'y précipite comme dans son centre et dans le lieu seul qui lui est convenable »
MOL.: « Mais il est aux
PASC.: « Qui a le plus de sujet de craindre l'enfer, ou celui qui est dans l'ignorance s'il y a un
BOSSUET: « [Alexandre] tourmenté par son ambition durant sa vie, et tourmenté maintenant dans les
BOILEAU: « Mais lorsqu'en sa malice un pécheur obstiné, Des horreurs de l'
VOLT.: « Je reviendrai bientôt par un heureux baptême T'arracher aux
L'Enfer, titre d'une des parties de la Divine comédie, poëme de Dante.
Il se dit aussi d'un des
STAËL: « On eût dit qu'on entrait dans l'
3 Fig. Chose excessivement déplaisante, pénible.
MOL.: « Hé ! monsieur, si vous le pouvez, sauvez-vous de cet
SAINT-SIMON: « Ils lui montrèrent [au duc du Maine] les
MIRABEAU: « Au moment où cet
4 Par extension, les démons, les puissances de l'enfer. C'est l'
BÉRANG.: « Mes amis, J'ai soumis L'
5 Un
MOL.: « Et j'abhorre des noeuds Qui deviendraient sans doute un
MERCIER: « On a raison d'appeler ces salles [les assemblées de jeu] un
Se dit, à Londres, des maisons de jeu et des lieux de débauche.
6 Désordre, trouble.
BOILEAU: « Combien n'a-t-on point vu de belles aux doux yeux, avant le mariage anges si gracieux, Tout à coup se changeant en bourgeoises sauvages, Vrais démons, apporter l'
BOILEAU: « Je pense qu'avec eux tout l'
J. J. ROUSS.: « Mettre le scandale et l'
7 Violente peine qu'inspire la passion ou le remords. Avoir l'
MALH.: « Et si l'
BOSSUET: « Ils commencent leur
J. J. ROUSS.: « Qu'est-il besoin d'aller chercher l'
BOISSY: « Le supplice d'attendre est l'
Furie d'enfer, monstre échappé de l'enfer, personne très méchante.
Tison d'enfer, porte d'enfer, c'est-à-dire personne capable d'opérer la perte des âmes.
PASC.: « Votre père Brisacier dit que ceux contre qui il écrit sont des portes d'enfer, des pontifes du diable.... s'amuserait-on à prouver qu'on n'est pas porte d'
8 D'enfer, loc. adject. Excessif. Faire un feu d'enfer. Mener un train d'enfer. Jouer un jeu d'enfer.
SAINT-SIMON: « M. de Vendôme commença à s'apercevoir que ce feu d'
PICARD: « On a joué un jeu d'enfer, cinq sous la fiche »
Terme de cuisine. Mettre, faire griller quelque chose au feu d'enfer, le faire griller à un feu de charbon très ardent.
C'est un métier d'enfer, c'est un métier extrêmement fatigant.
9 Terme de typographie. Cassetin dans lequel on jette les mauvaises lettres. Vieux. On dit aujourd'hui cassetin du diable.
10 Terme d'huilerie. Citerne où se réunissent les eaux qui ont été mêlées avec le marc d'olive.
Dict. des arts et mét. Amst. 1767, huilier: Les résidus de ces cuviers s'écoulent dans un souterrain qu'on nomme l'enfer.... ce qu'on en tire est l'huile d'enfer, qui est la plus basse sorte
11 Enfer de Boyle, matras de verre à fond plat et à col effilé, dans lequel Boyle et d'autres chauffaient le mercure pendant des mois et des années.
HISTORIQUE
XIème siècle
Ch. de Rol. CVI: L'enchanteür qui ja fut en
XIIème siècle
Ronc. p. 62: L'ame s'en va en
Th. le mart. 79: Tu ies pieres, e sur ceste piere ferai M'iglise, e ma meisun i edifierai, E les portes d'
XIIIème siècle
Berte, LXXII: Et li ame de li soit en
la Rose, 2606: Certes durement me merveil Comment hons, s'il n'iere de fer, Puet vivre un mois en tel
BEAUMANOIR: « Sacent donques tuit, que lor ames sunt données as ennemis d'enfer, et lor cors as vers, et lor avoirs à lor parens »
RUTEB.: « Leenz a une grant meson, Qui lors estoit, en la seson, Plaine de fermes et d'enfers [malades] ; Assez estoit griez [fâcheux] cis
XVème siècle
AL. CHARTIER: « Dieu la confonde, Et au parfond de la terre la fonde : Car el porte son
Hist. de Loys III, duc de Bourbon, p. 16, dans LACURNE: L'autre des places estoit Bauverne, où les Anglois avoient compassé une fosse nommée
XVIème siècle
MAROT: « Mais je ne m'en puis descoiffer ; Je pense que c'est un
RONS.: « Le lict m'est un
D'AUB.: « ....de l'
ÉTYMOLOGIE
Bourg. enfar ; picard, infer ; provenç. infern, yfern,
1ère signification éditée en 1835 par l'Académie Française
| Subst. masculin |
(On prononce l'R.) Lieu destiné au supplice des damnés. Il est opposé à "Ciel" et à "Paradis. Les tourments de l'enfer. Le feu de l'enfer. La crainte de l'enfer. L'
2ème signification éditée en 1835 par l'Académie Française
signifie aussi figurément, Les démons, les puissances de l'enfer. "L'
1ère ancienne définition de 1798 (Académie Française)
(On prononce le R.) Lieu destiné pour le supplice des damnés. Les tourmens de l'enfer. La crainte de l'enfer. Menacer de l'enfer. L'
En ce mot le pluriel n'ajoute rien à la signification du singulier. Ainsi, "Au fond des
Il se dit aussi au pluriel, Du lieu où étoient les âmes que Notre-Seigneur délivrá après sa mort.
On dit figurément d'Un lieu où l'on se déplaît, où l'on est extrêmement gêné, tourmenté, où il y a beaucoup de confusion et de désordre, que "C'est un
On dit encore figurément, "Porter son
On appelle figurement et proverbialement, "Tison d'enfer," Un méchant homme qui excite et qui porte au mal, ou qui cause de grands maux par ses discours, ou par son exemple.
2ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Enfer, signifie aussi figurément, Les Démons, les Puissances de l'enfer. "L'enser en gémit. L'
3ème ancienne définition de 1798 (Académie Française)
Enfer, en termes de Chimie, est Un vaisseau propre à calciner le mercure. On l'appelle aussi "Enfer de Boyle".
1ère signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
Lieu destiné pour le supplice des damnés. "Les tourmens de l'enfer. La crainte de l'enfer. Menacer de l'enfer. L'
En ce mot le pluriel n'ajoute rien à la signification du singulier. Ainsi, "Au fond des
Il se dit aussi au pluriel Du lieu où étoient les ames que Notre-Seigneur délivra après sa mort. "JESUS-CHRIST est descendu aux
On dit figurément d'Un lieu où l'on se déplaît, où l'on est extrêmement incommodé, où il y a beaucoup de confusion & de désordre, que "C'est un
On dit encore figurément, "Porter son
On appelle figurément & proverbialement, "Tison d'enfer," Un méchant homme qui excite & qui porte au mal, ou qui cause de grands maux par ses discours, ou par son exemple.
2ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
signifie aussi figurément, Les Démons, les Puissances de l'enfer. "L'
3ème signification éditée en 1762 (dictionnaire de l'Académie Française)
en termes de Chimie, est un vaisseau propre à calciner le mercure. On l'appelle aussi "Enfer de Boyle."
Définition du dictionnaire de Jean-François Féraud (édition de 1788)
| Subst. masculin |
["Anfêr": 1re lon. 2e "ê" ouvert.] Nous nous servons du "singulier" pour désigner le lieu destiné pour le suplice des damnés, les peines de "l'enfer", la crainte de "l'enfer". Soufrir "en
- On dit pourtant quelquefois "au fond des
- Au pluriel, il se prend pour le lieu où les Païens croyaient que les âmes allaient après leur mort: 'Mercûre conduisoit les âmes aux "enfers"; et pour celui où étaient les âmes que N. S. visita après sa mort. 'J. C. est descendu aux "enfers". = "Enfer" se dit figurément d'un lieu où l'on se déplait beaucoup, où l'on soufre extrêmement. 'Cette maison est pour moi "un
- "Porter son
- Il signifie aussi, les Démons, les Puissances de l'enfer. 'L'"Enfer" en gémit. 'L'"Enfer" s'est déchainé contre moi.
"Rem." Autrefois on ne mettait point d'article devant "enfer". 'Les flames "d'enfer". Masc.
Et si les pales Euménides
Toutes trois ne sortent d'"enfer".
Malherbe.
Aujourd'hui on dit "de l'enfer" ou "des
- On dit seulement, furie "d'enfer", tison "d'enfer", dans le st. fam. et chagrin.
Emplacement dans le dictionnaire :
| enfant enfanté enfantelet enfantement enfanter enfantillage enfantin | enfariné enfariner enfermer enferrer enfieller enfiévrer | enfilade enfilage enfiler enfileur enfin enflamme enflammer |
Quelques citations relatives :
Citation n°1 de Pierre LOTI (Le Roman d'un enfant)...de suite attrapée, cela va sans dire, moi presque jamais ; aussi était-ce toujours elle qui poursuivait, et avec acharnement, en frappant des mains sur la table, en criant, en menant un tapage d'enfer. à la fin, les tapis étaient retournés, les chaises dérangées, tout au pillage. Nous trouvions cela stupide, nous les premiers, -et c'était du reste beaucoup plus enfant que mon âge. Je ne savais...
Citation n°2 de Émile MOSELLY (Terres lorraines)
...Le bidet de campagne qui y était attelé avait une toison jaunâtre et boueuse, qui lui donnait l'air d'un animal sauvage. Mais il était résistant, sous cette apparence chétive, et menait un galop d'enfer. Le médecin pénétra dans la grande chambre du premier. C'était un homme d'aspect bourru et renfrogné, dont les longs silences terrorisaient les paysans, qui, selon leur habitude, ne le consultaient...
Citation n°3 de Paul ADAM (L'Enfant d'Austerlitz)
...voix confuses des roulements de tambour et des détonations d'artillerie... ensuite la cataracte tombe, tombe, tombe... ah ! Pourquoi, mon dieu, pourquoi me faut-il vivre déjà dans l'horreur de l'enfer ? Son fils et son neveu la calmaient à peine. Ces images grossières et naïvement abominables la hantaient presque toujours. Elle n'y échappait qu'à l'église, parmi les odeurs des cires, de l'encens,...
Citation n°4 de Ernest RENAN (L'Avenir de la science)
...avons détruit le paradis et l'enfer. Avons-nous bien fait, avons-nous mal fait, je ne sais. Ce qu'il y a de sûr, c'est que la chose est faite. On ne replante pas un paradis, on ne rallume pas un enfer. Il ne faut pas rester en chemin. Il faut faire descendre le paradis ici-bas pour tous. Or le paradis sera ici-bas quand tous auront part à la lumière, à la perfection, à la beauté, et par là au...
Citation n°5 de VILLIERS DE L'ISLE-ADAM (Contes cruels)
...parce qu'il ne peut remplir légalement cet office, ah ! Ceci, par exemple, me cause quelque impression. Et je n'hésite pas à le déclarer : s'il est, parmi l'humanité, des âmes échappées d'un enfer, notre convive de ce soir est une des pires que l'on puisse rencontrer. Vous aurez beau l'appeler fol, cela n'explique pas sa nature originelle. Un bourreau réel me serait indifférent ; notre...
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